Un client harcèle une serveuse au comptoir : que faire ?
Des remarques à connotation sexuelle, répétées, un geste déplacé : au comptoir, la serveuse subit une situation de travail que la loi interdit. Le code pénal punit le harcèlement sexuel, et le code du travail oblige l'employeur à le prévenir et à le faire cesser. Le salarié protège d'abord la personne, puis prévient l'exploitant.

La situation
Un habitué lance des remarques sexuelles à une serveuse depuis le comptoir, puis lui frôle le bras quand elle passe avec un plateau. Elle évite son regard et demande à un collègue de prendre sa table. Le client rit, dit que « c'est pour rire », et revient à la charge à chaque passage. Vous êtes barman ce soir, à deux mètres d'elle.
Que faire ?
- Éloignez la serveuse du client : proposez-lui de changer de secteur ou confiez la table à un collègue.
- Dites au client, une seule fois et sans débat : « Ces remarques ne sont pas acceptables, arrêtez. »
- Prévenez l'exploitant ou le responsable de service, et notez les faits : date, heure, ce qui a été dit ou fait, témoins.
- Si le client insiste, refuse de sortir ou devient violent, appelez le 17. Ne vous mettez pas en danger.
- Laissez la serveuse décider de la suite de sa soirée. Si elle veut porter plainte, aidez-la à noter les faits, sans écrire à sa place.
Ce que dit le texte
Le code pénal définit le harcèlement sexuel comme le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, qui portent atteinte à sa dignité ou créent une situation intimidante, hostile ou offensante. Il est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende (article 222-33).
Le code du travail impose à l'employeur de prendre toutes dispositions pour prévenir ces faits, y mettre un terme et les sanctionner (article L. 1153-5). Il lui impose aussi de protéger la santé physique et mentale des salariés (article L. 4121-1). Le texte vise donc l'exploitant : c'est à lui de faire cesser la situation. Le salarié qui met la serveuse à l'abri n'est pas celui que vise le texte. Le harcèlement moral, qui résulte d'agissements répétés dégradant les conditions de travail, est traité par l'article L. 1152-1.
Pour une bagarre qui éclate au même moment, l'article sur la bagarre entre deux clients donne les premiers gestes.
Ce qu'il ne faut pas faire
- Rire avec le client ou minimiser la situation devant la serveuse.
- Lui demander de « passer outre » pour garder le client.
- Intervenir physiquement contre le client.
Testez-vous
Un client fait des remarques sexuelles répétées à une serveuse. Qui doit prendre les dispositions pour faire cesser ces faits ?
- a) La serveuse seule.
- b) L'employeur, c'est-à-dire l'exploitant, selon l'article L. 1153-5.
- c) Personne : c'est une affaire privée.
Quelle peine l'article 222-33 prévoit-il pour le harcèlement sexuel de base ?
- a) Un an et 15 000 euros.
- b) Deux ans et 30 000 euros.
- c) Cinq ans et 75 000 euros.
Un collègue voit la scène. Quel est le bon réflexe ?
- a) Filmer la scène pour la montrer au client.
- b) Prévenir le responsable et noter ce qu'il a vu.
- c) Se joindre à la discussion pour détendre l'ambiance.
Réponses
- Réponse b. L'article L. 1153-5 charge l'employeur de prendre toutes les dispositions nécessaires.
- Réponse b. C'est la peine de base de l'article 222-33 ; le texte prévoit des peines plus lourdes dans certains cas.
- Réponse b. Le témoin prévient le responsable et note les faits, sans filmer ni prendre parti devant le client.
Pour vérifier la réponse
Réponses vérifiées le 31/10/2026.
- Code pénal, article 222-33
- Code du travail, article L. 1153-5
- Code du travail, article L. 4121-1
- Code du travail, article L. 1152-1
Questions fréquentes
Le client dit que c'était pour rire. Est-ce une excuse ?
Non. Le texte pénal ne fait pas de l'intention de plaisanter une excuse : il retient les propos ou comportements imposés et leur effet sur la personne qui les subit.
Faut-il lui retirer le droit de venir au bar ?
C'est une décision de l'exploitant. Le texte du code du travail lui impose de faire cesser les faits ; il ne dit pas au salarié de trancher seul.
La serveuse ne veut pas parler à son patron. Que faire ?
Ne forcez pas la conversation. Dites-lui que vous êtes là pour témoigner si elle le souhaite, et laissez-lui le choix du moment.
À lire également
- Une bagarre éclate entre deux clients au comptoir : les premiers gestes
- Un client fait un malaise au comptoir : qui appeler, que faire ?
- Un client de 17 ans demande une bière au comptoir : que faites-vous ?
- Un client a trop bu et réclame encore une bière : le refus que vous pouvez opposer
- Un client tombe inconscient aux toilettes : les gestes du salarié
- Un client ivre veut prendre le volant : que dire au comptoir ?